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18:1 "Et Il (18) se révéla à lui."

De la même façon, [le Rambam] a dit (19) à propos [du verset] (20) : « [Ya'aqov étant resté seul], un homme lutta avec lui » que tout cela était une vision prophétique. [Si tel est le cas], je ne connais pas la raison pour laquelle [Ya'aqov] boitait de la hanche lorsqu'il se réveilla.

Et pour quelle raison a-t-il dit (21) : « Car j'ai vu un être divin face à face et ma vie est restée sauve »? Les prophètes n'ont jamais eu peur de mourir à cause de leur visions prophétiques. De plus, [Ya'aqov] avait déjà eut une vision plus grande et plus éminente que celle-ci. De fait, il avait déjà vu maintes fois Hachem (22) dans des visions prophétiques (23).

Ainsi, selon sa logique [du Rambam], il doit également dire que dans le cas de Loth, les anges ne sont pas présentés à sa maison, ni qu'il fit cuire à leur égard des galettes et qu'ils mangèrent (24). Tout ceci n'était qu'une vision.

Cependant, si Loth pouvait s'élever au niveau d'une vision prophétique, de quelle façon les habitants méchants et coupables de Sodome purent-ils devenir des prophètes ? De fait, qui leur dit que des hommes étaient venus dans la maison de Loth (25) ?

Et si tout cela est inclus dans les visions prophétiques de Loth, il s'ensuit que si « les anges pressèrennt [Loth en disant]: "Debout ! Emmène ta femme [et tes deux filles ici présentes, si tu ne veux point périr pour les crimes de cette ville]" » (26) et lorsque « l'un d'eux lui dit "Songe à sauver ta vie" » (27) et également : « "Eh bien ! Je te favoriserai encore [en ceci, en ne bouleversant point la ville dont tu parles]" » (28), la totalité de ce passage est une vision. [Dans ce cas], Loth aurait pu rester dans [la ville de] Sodome.

Cependant, [le Rambam] pense que les évènements se sont déroulés d'eux-mêmes, tandis que les discussions qui eurent lieu prirent place dans une vision.

De telles paroles contredisent la Tora (29); il est interdit de les écouter et de les croire.

En vérité, chaque fois qu'il est mentionné dans la Tora (29) [qu'une personne perçut] la vision ou les paroles d'un ange, cela se déroule dans une vision ou dans un rêve (30) car les sensations [de l'être humain] ne peuvent pas percevoir les anges. Cependant, [ces sensations ne sont pas forcément l'équivalent] de visions prophétiques.

De fait, [il est possible] de percevoir la vision d'un ange ou de ses paroles, sans être un prophète, contrairement à la décision du Rav (31), selon lequel chaque prophète – à l'exception de Moïse, notre maître – reçut sa prophétie par l'entremise d'un ange.

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(18) D-ieu.

(19) Dans le « Guide des égarés ».

(20) Genèse 32:25.

(21) Ibid. verset 31.

(22) Littérallement : « Le Nom honorable ».

(23) Notamment : Genèse 28:13, 31:3.

(24) Ce qui est pourtant dit au verset 19:3.

(25) Le Ramban s'interroge : si les évènements qui arrivèrent à Loth – dans la ville de Sodome – ne furent qu'une vision prophétique, nous sommes obligés d'en déduire que les habitants de cette ville – connus pour leur attitudes répréhensibles – partagèrent également cette vision. Autrement, de quelle façon auraient-ils pu savoir en rêve, que des anges s'étaient présentés à la maison de Loth ?

(26) Genèse 19:15.

(27) Ibid. 17.

(28) Ibid. 21.

(29) Littéralement : « Les Écritures ».

(30) Et non pas dans le monde matériel.

(31) I.e. : le Rambam, tel qu'il a écrit dans « Le Guides des Égarés », II, 34 et dans le Michné Tora, Hilkhoth Yessodé Tora, 7:6.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Vayera

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Selon quel commentateur notre Paracha raconte-t-elle une vision prophétique d'Abraham ?

  • Seon le Ramban, les évènements décrits dans notre Paracha se sont-ils réellement produits ?