(Afin de lire la partie précédente du commentaire du Ramban sur la Paracha, cliquez ici.)

Et voici la raison de l'histoire :

Il [Yehouda] lui dit [à Joseph] : « À cause de la demande de mon seigneur, nous avons été obligé de lui parler de notre frère. De plus, nous n'étions pas d'accord pour l'amener devant toi comme tu nous l'avais ordonné au début, car nous avions dit que « le jeune homme ne saurait quitter son père » (10).

Cependant, à notre propre péril, nous l'avons amené « par suite de la fièvre desséchante de la faim » (11) car tu nous avais dit : « (Si votre jeune frère ne vous accompagne pas), ne reparaissez point devant moi ». Notre père ne voulait pas [nous] écouter et nous permettre de revenir afin d'acheter un peu de nourriture tant que nous avons pas été tous en danger (12). C'est alors qu'il consentit, avec [un sentiment] de peur et d'inquiétude. Maintenant, « ne voyant point paraître le jeune homme » (13), il mourra « l'âme rassasiée d'amertume » (14).

Par conséquent, « laisse ma supplication – je te prie – arriver jusqu'à toi » (15). Aie pitié de nous et de notre vieux [père] : prends-moi à la place du jeune homme car je suis meilleur que lui « et cela te sera compté comme une bonté » (16).

Ceci est la raison de passage [de la Tora].

Il est possible que l'expression « et tes serviteurs auront fait descendre les cheveux blancs de ton serviteur, notre père » (13) était une façon respectueuse [de s'adresser à Joseph et de lui faire comprendre qu'en réalité], « tu auras fait descendre les cheveux blances de ton serviteur, notre père ». Cela est également le cas [avec l'expression] : « c'est ton peuple qui est coupable » (17).

On peut également dire – selon ce que nos Sages (18) ont dit (19) – [qu'en posant la question suivante à Joseph] : « Est-ce là l'examination [à laquelle mon seigneur faisait référence] », [Yehouda] dit (20) : « Car tu es l'égal de Pharaon », [ce qui signifiait] : « Il convient que tu respectes ta parole et [la raison de] ton examination, car c'est à cause de toi que nous avons été obligés d'amener [le jeune homme] », comme l'a mentionné Yehouda et qu'il craignait d'être plus explicite.

Cependant, [l'accusation selon laquelle] l'histoire de la coupe (21) était un complot – et un prétexte pour les accuser – est cachée dans ses paroles. De fait, pour quelle raison [Joseph] demanda-t-il à voir [Benjamin], contre la volonté [de ses frères] ?

Ainsi ont dit [nos Sages] dans le Midrach Berechith Rabbah (22) :

« Yehouda dit [à Joseph] : "Je peux te prouver que tu as comploté contre nous : "Combien de [représentants de] pays sont venus à toi afin d'obtenir de la nourriture ? Leur as-tu demandé ce que tu nous a demandé ? Demandions-nous ta sœur [en mariage] ou est-ce toi qui demandait la nôtre ? »

[Selon les Sages du Midrach], cette allusion était cachée dans les paroles [de Yehouda].

Suite...

(10) Verset 22 de notre Paracha.

(11) Lamentations 5:10.

(12) À cause de la famine.

(13) Verset 31 de notre Paracha.

(14) Job 21:25.

(15) Jérémie 37:20.

(16) Deutéronome 24:13.

(17) Éxode 5:16. Dans ce passage, les juifs étaient allés se plaindre auprès de Pharaon en lui disant que Pharaon leur commandait de faire des briques, mais que « la paille n'est pas fournie à tes serviteurs » Par respect pour Pharaon, les juifs lui dirent « c'est ton peuple qui est coupable », mais en réalité, ils désiraient lui faire comprendre que c'était Pharaon lui-même qui était coupable.

(18) Littéralement : « Nos rabbins ».

(19) Midrach Berechith Rabbah 93:5.

(20) Verset précédent 44:18.

(21) Voir dans la Paracha précédente, 44:1-13.

(22) 93:8.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Vayigach

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Est-ce que le Ramban connait avec certitude la raison de la longue intervention de Yehouda ?

  • Joseph a-t-il montré des gestes d'attention à l'égard de ses frères ?