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16:20 "C'est la justice, la justice seule que tu dois rechercher,"

C'est-à-dire : rends-toi à un tribunal rabbinique équitable,

"si tu veux vivre et hériter du pays."

« La récompense pour avoir nommé des juges qui sont à la hauteur [de leurs] tâches est de permettre à Israël de résider sur leur terre.» Ceci correspond à ce qu'a écrit Rachi qui cite le Sifré.

La raison de la répétition [du mot « justice »] est pour nous apprendre que les juges « devront juger le peuple selon la justice »(24) et que tu dois poursuivre la justice d'une façon continue en allant du lieu [de ta résidence] au lieu où les grands Sages [résident]: Rabban Yo'hanan ben Zakhaï [dans la ville de] Yavné, Rabbi [Yehouda Hanassi] à Beit Shearim.

Et selon Rabbi Avraham [ibn Ezra]: « [Le mot] "justice" est répété afin [de nous apprendre que tu dois] poursuivre la justice, peu importe si cela est à ton avantage ou à ton désavantage. [On peut également dire que cette répétition est une forme] d'emphase.

Cependant, dans le Midrach de Rabbi Ne'hunya ben Haqana, [le verset] a été expliqué à l'aide d'un secret (25):

Il est dit : «  C'est la justice », ceci correspond à Son attribut (26) de justice dans le monde, tel qu'il est dit : « C'est la justice, la justice seule que tu dois rechercher.» [Ensuite], il est écrit : « Si tu veux vivre et hériter du pays. » Si tu te juges toi-même, tu vivras ; dans le cas contraire, Il (27) te jugera et proclamera [Son jugement] contre ta volonté.

Et pour quelle raison [le mot] «justice » est-il répété ? Car il est écrit (28): « Le reflet de Sa Face. » La première mention [du mot] « justice » fait référence à la justice elle-même c'est-à-dire à la Sechina (29), tel qu'il est écrit (30) : « la justice réside en elle ». Et pour quelle raison [le mot] «justice » est-il mentionné une deuxième fois ? C'est ce qui effraie les Justes.

Il est [également] expliqué [dans ce Midrach]: (31) « La justice est le casque de la victoire sur sa tête ». Le [mot] « tête » fait référence au concept de vérité, tel qu'il est écrit (32): « L'ensemble (33) de Tes paroles est vérité » et le [mot] « vérité » fait référence au concept de paix, tel qu'il est écrit (34): « Au moins, la paix et la vérité régneront tant que je vivrai...»

Dans ce cas, la Tora (35) nous enseigne que « Tu jugeras dans tes tribunaux rabbiniques [selon] la justice et tu chercheras [à atteindre] la justice et à l'accomplir, afin que tu puisses vivre dans le Monde futur avec la deuxième justice qui correspond à la Justice supérieure et qui est la grande lumière cachée pour les Justes pour les Temps futurs et qui est la force du Saint, béni soit-Il et hériter du pays grâce à la première justice qui représente la Terre d'Israël.»

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(24) Verset 18. C'est-à-dire : avec des jugements justes.

(25) C'est-à-dire en utilisant des notions de kabbale.

(26) C'est-à-dire : à celui de Dieu.

(27) C'est-à-dire : Dieu.

(28) Samuel II 22:13.

(29) C'est-à-dire : la Présence divine.

(30) Isaïe 1:21.

(31) Ibid. 59:17.

(32) Psaumes 119:160.

(33) Littéralement : la « tête ».

(34) Rois II 20:19.

(35) Littéralement : les Écritures.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Choftim

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • À l'époque où le Temple se dressait à Jérusalem, les juifs avaient-ils l'obligation de nommer des tribunaux rabbiniques, peu importe où ils habitaient ?

  • De quelle façon s'applique de nos jours l'obligation - pour les juifs - de nommer des tribunaux rabbiniques ?

  • Fallait-il qu'il y ait un tribunal rabbinique dans chaque ville ou dans chaque tribu ?

  • De combien de juges les tribunaux rabbiniques étaient-ils composés ?

  • De quelle façon pouvait-on choisir le lieu où un procès pouvait se dérouler ?

  • Quelle est la récompense que les juifs peuvent envisager de recevoir s'ils nomment des juges de valeur dans leurs tribunaux ?