(Afin de lire la première partie du commentaire du Ramban sur la Paracha, cliquez ici.)

Ensuite, Moïse appela tout Israël qui se trouvait devant lui et dit : « Écoute, Israël, les lois et les statuts que je vous fais entendre aujourd'hui »(13). Il commença alors l'explication de la Tora avec les Dix Commandements afin qu'ils les entendent – avec leur explication – de la bouche de celui qui les avait reçus de la bouche du Saint, béni soit-Il. Ensuite, il les informa de l'Unicité de Dieu [en disant]: « Écoute, Israël : l'Éternel est notre Dieu, l'Éternel est Un »(14), ainsi que l'ensemble des commandements qui se trouvent dans ce livre.

C'est à cette fin qu'il est expliqué dans notre verset « que Moïse [s']adressa à tout Israël » et dans cet autre verset « Moïse appela tout Israël »(15). Cela signifie que l'explication de la Tora et l'achèvement des commandements doivent être faits en présence de tout Israël, comme cela fut le cas lors du don de la Tora.

Dans la mesure où il [Moïse] prolongea les paroles de cette introduction, la Tora (16) revient à l'endroit où elle s'arrêta, au début de l'explication de la Tora et dit : « Ceci est la Tora que Moïse exposa aux enfants d'Israël. Voici les avertissements, lois et règlements que Moïse donna aux enfants d'Israël, après leur sortie d'Égypte »(17) (18).

[La Tora] mentionne que cela se déroula « en-deçà du Jourdain  »(19), c'est-à-dire : dans le pays de Moab qui est mentionné ici (20). De fait, Israël ne pénétra pas dans le pays de Moab, à l'exception de la portion que leur autorisa Sihon, comme cela a été expliqué dans le livre précédent (21).

Au passage, deux choses sont mentionnées ici. [D'une part], il est dit que « que Moïse dit aux enfants d'Israël tout ce que l'Éternel lui avait ordonné à leur égard »(22). Ceci est une allusion aux commandements qu'il leur dira dans ce livre et qui n'avaient pas encore été mentionnés dans la Tora. Cela nous apprend que ces commandements correspondaient exactement à ce qui lui avait commandé Dieu : il n'ajouta ou ne retrancha rien de ce qu'on lui avait commandé.

Cela est mentionné car il ne leur fut pas dit : « Et l'Éternel parla à Moïse ». Par conséquent, ils sont inclus maintenant [afin de nous signaler] qu'ils correspondent entièrement à ce qu'il fut commandé de la bouche du Saint, béni soit-Il.

D'autre part, il est dit que « Moïse commença à expliquer cette Tora »(23). Ceci est une allusion aux commandements qui avaient déjà été indiqués et [au fait] qu'il les répéterait afin de les expliquer dans de plus amples détails.

Suite...

(13) Verset 5:1.

(14) Verset 6:4.

(15) Verset 5:1.

(16) Littéralement : les « Écritures ».

(17) Versets 4:44-45.

(18) Pour les commentateurs comme Rachi, le fait que le verset 5 signale que ces événements se soient déroulés « en deçà du Jourdain, dans le pays de Moab » et que le verset 4:46 indique « en deçà du Jourdain (…), dans le pays de Sihon » n'est pas problématique. Le premier verset fait référence aux remontrances, tandis que le second fait référence aux commandements.

Cependant, pour le Ramban, cela pose un problème. Selon lui, les deux versets font référence aux commandements qui ont été adressés par Moïse. Ainsi, ces deux versets semblent se contredire. C'est pour cette raison que selon le Ramban, le pays de Moab auquel il est fait référence ici et le pays de Sihon qui est indiqué dans l'autre verset font référence à la même terre.

(19) Verset 4:46.

(20) Verset 1:5.

(21) Les Nombres 21:26.

(22) Verset 3.

(23) Verset 5.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Devarim

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • L'expression « Ce sont là les paroles » (1:1) fait-elle référence aux remontrances ou aux commandements (« mitswoth ») qui sont inscrites dans le livre du Deutéronome (selon Rachi et selon le Ramban)?

  • Quelle est la condition pour que l'explication de la Tora et l'achèvement des commandements puissent-ils être réalisés ?
  • Les pays de Moab et de Sihon étaient-ils éloignés ou proches l'un de l'autre ?
  • Quelle est la différence d'interprétation - entre Rachi et le Ramban - de l'expression « ho'il Moché »?