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26:3 "Tu te présenteras au pontife qui sera alors en fonction."

Au pontife qui sera alors en fonction à cette époque car [les prémices des fruits] sont donnés aux membres du groupe [des pontifes], comme cela est le cas pour toutes les offrandes. Cependant [la personne qui offre les prémices] ne peut pas amener avec elle un pontife originaire de sa ville dans le but de lui offrir ses prémices.

Selon Rachi : « Vous n'avez que le pontife qui vit à votre époque ».

Cependant, je n'ai pas compris [ce commentaire] car si en ce qui concerne un ancien (15), il est approprié de dire : « vous n'avez que le juge qui vit à votre époque »(16), c'est-à-dire : même s'il n'est pas aussi grand et sage que les juges « des temps qui nous ont précédés »(17), il [i.e.: la personne qui approche le juge] est obligé de l'écouter car « Jephtah dans sa génération et l'équivalent de Samuel dans sa génération »(18).

Cependant, en ce qui concerne les prémices des fruits, à qui peut-il les apporter si ce n'est au pontifie qui est alors en fonction ?

J'ai vu également dans le Sifré : « [Il est écrit]: "Tu te présenteras au pontife qui sera alors en fonction." Voici ce que dit Rabbi Yosé le galiléen : "Pourrait-il venir à votre esprit de vous présenter au pontife qui n'est pas alors en fonction ? En fait, [le verset signifie qu'on doit se présenter au] pontife qui est en exercice et qui est compétent à cette époque. Les personnes avec lesquelles nous avions un lien de parenté – et pour lesquelles ce lien a cessé d'exister – sont compétente [pour recevoir nos prémices]."

Il est également dit (19): « Ne dis point : "D'où vient que les temps passés valaient mieux que le présent ?"» Il semble que [les Sages] ont interprété de cela que si une personne apporte les prémices des fruits ou un holocauste à un pontifie pour que celui-ci les offre, [si le pontife] est supposé être compétent et que par la suite on découvre qu'il est le fils d'une femme divorcée, les offrandes sont tout de même acceptées, comme cela est indiqué dans le dernier chapitre de la Guemara Qidouchin 66b.

Cela est également le cas pour une personne avec laquelle nous avions un lien de parenté et pour laquelle ce lien a cessé d'exister : celle-ci reste qualifiée. Cependant, cela concerne le sujet d'un ancien qui ne peut pas [habituellement] être jugé par une personne avec laquelle il possède un lien de parenté plutôt que le sujet des prémices des fruits.

26:3 "Je viens reconnaître en ce jour."

« À travers ce fruit que j'ai amené, je reconnais et je remercie l'Éternel, ton Dieu, qui m'a amené sur la terre qu'Il "avait juré à nos pères de nous donner". Et voici que l'Éternel a tenu Sa parole et je remercie et loue Son Nom. »

La signification [du mot] « higadti »(20) est l'équivalent de « J'ai dit ». Ainsi : « Moïse dit (vayagued) à l'Éternel les paroles du peuple »(21). [Il est également possible de dire] que cela signifie : « Je déclare » à toi le pontife ainsi qu'à tous ceux qui sont ici présents. Et cette déclaration est faite « devant l'Éternel, ton Dieu », c'est-à-dire : à l'adresse de Son Nom, « que je installé dans le pays qu'Il avait juré à nos pères » de nous donner, car c'est Lui qui m'a amené à Lui afin de Le servir sur cette Terre. »

Suite...

(15) C'est-à-dire : un juge.

(16) Au verset 17:9.

(17) Écclésiaste 1:10.

(18) Roch Hachanna 25b.

(19) Écclésiaste 7:10.

(20) « Je viens reconnaître ».

(21) L'Éxode 19:9.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Ki Tavo

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Pouvez-vous citer une des appellations du Temple de Jérusalem ?

  • Selon la Tora, quelle est la quantité minimale que l'on doit donner comme prémices des fruits ?

  • Pouvait-on amener les prémices dans la ville de notre choix ?

  • Pouvez-vous citer deux lieux dans lesquels l'arche a résidé ?