3:24 "Seigneur, l'Éternel..."

(Afin de lire la première partie du commentaire du Ramban sur la Paracha, cliquez ici.)

« Miséricordieux dans le jugement » selon Rachi.

Le Rav (14) n'a pas tenu compte du fait que le premier Nom [de Dieu] qui est mentionné est celui qui commence par les lettres alef et dalet, tandis que le deuxième Nom [de Dieu] qui est mentionné est celui qui commence par les lettres youd et (15). À propos de cela, nos Sages ont dit (16) que « chaque fois que le Nom Divin qui commence par les lettres youd et est écrit (17), cela fait référence à l'Attribut divin de compassion, tandis que le Nom Divin « Eloqim» fait référence à l'Attribut divin de jugement (18).

Cependant, les Noms Divins qui sont mentionnés ici signifient : « Seigneur, dans son Attribut divin de compassion » et les Sages ont dit dans le Midrash Yelamdénou qu'« il [Moïse] dit à [Dieu] : "Maîtres des mondes ! S'il convient [que cette terre me soit donnée], donne-la moi. S'il ne convient pas [qu'elle me soit donnée], fait preuve de compassion à mon égard." (19) Cela correspond à ce qu'à dit Avraham (20): « Dieu-Éternel, que me donnerais-Tu...»(21).

Dans le cas d'Avraham également, les Noms Divins sont mentionnés dans le même ordre : le Nom Divin qui commence par les lettres alef et dalet est le premier, tandis que le deuxième qui est mentionné est celui qui commence par les lettres youd et .

Ce sujet [de l'ordre précis dans lequel sont écrits les Noms Divins] de notre paracha sera compris de la sorte :

[Moïse] a dit : « Et j'implorai » plutôt que de dire : « Et je priai ». De fait, il a prononcé une supplication en disant : « Seigneur, qui est empreint de compassion, "Tu as commencé à montrer à Ton serviteur"(22)... Tel était le début de ma prophétie lorsque Tu m'as montré Ta gloire » – tel qu'il est écrit (23): "Moïse se couvrit le visage, craignant de regarder le Seigneur" – avec la grandeur et la puissance (24); j'ai appris "quelle est la divinité, dans le ciel ou sur la terre"(22) de laquelle apparaissent Tes (grandes) œuvres et Tes (puissantes) merveilles"(22).»

Grâce à cela, vous comprendrez mieux la raison pour laquelle le « Nom auguste »(25) avait été irrité à l'égard [de Moïse].

D'ailleurs, selon l'avis du Sifré (26): « chaque fois que le Nom Divin qui commence par les lettres youd et est écrit, cela fait référence à l'Attribut divin de compassion – tel qu'il est écrit (27): "Dieu, l'Éternel, clément et miséricordieux" – tandis que le Nom Divin «Eloqim» fait référence à l'Attribut divin de jugement, tel qu'il est écrit (28): "la contestation des deux parties sera déférée devant les juges (haélohim)".

L'intention [du Sifré] est de nous expliquer que le deuxième Nom Divin indiqué dans notre verset fait référence à l'Attribut divin de compassion – et qu'il est le Nom spécifique de Dieu – tandis que tous les autres Noms Divins font référence à l'attribut de jugement, tel que cela est le cas avec le Nom Divin « Eloqim » qui est également le nom approprié à l'égard des juges et à plus forte raison avec le Nom Divin qui commence par les lettres alef et dalet qui fait référence à la notion de seigneurie.

Moïse termina ainsi ses remontrances en leur rappelant que leurs pères s'étaient fait du tort à eux-mêmes ainsi qu'à son égard, lui qui était également puni de ne pas pouvoir entrer en Terre [d'Israël]. Quant à eux – les enfants – ils pourraient y entrer et en hériter, s'ils ne seraient « pas, comme leurs ancêtres, une génération insoumise et rebelle »(29). Par conséquent, il commença à cet instant à les mettre en garde à l'égard des principes généraux des commandements : qu'ils y ajoutent, ni en retranchent rien.

Suite...

(14) C'est-à-dire : Rachi.

(15) Le Nom Divin qui commence par les lettres alef et dalet fait référence à l'Attribut divin de jugement (aspect strict de la justice), tandis que le Nom Divin qui commence par les lettres youd et fait référence à l'Attribut divin de compassion. Ainsi, dans la mesure où dans notre verset, le Nom Divin qui commence avec les lettres alef et dalet, il aurait semblé normal que Rachi écrive que Dieu fait preuve de jugement (aspect strict de la justice) dans Sa compassion, plutôt que d'écrire qu'Il est miséricordieux dans Son jugement.

(16) Sifré 26.

(17) Littéralement : « qu'il est dit ».

(18) Ce qui contredit l'avis que semble partager Rachi.

(19) Ainsi, Moïse s'est adressé à Dieu en faisant référence d'abord à Son Attribut divin de jugement et dans un second temps, à celui de compassion.

(20) Genèse 15:2.

(21) Dans ce verset, Avraham demande à Dieu de lui accorder d'avoir des enfants. Afin de s'adresser au Créateur, Avraham utilise également les deux Noms Divins – dans le même ordre – qui sont indiqués dans notre verset. Dans le Midrash Rabba (Devarim 4:24), il est dit qu'Avraham dit à Dieu : « Si la demande que j'ai faite d'avoir des enfants me revient par droit ; dans le cas contraire, accorde-les moi par compassion à mon égard ».

(22) Notre verset.

(23) Éxode 3 :6.

(24) Chroniques I 29:11.

(25) Verset 28:58.

(26) Sifré 24.

(27) Éxode 34:6.

(28) Éxode 22:9.

(29) Psaumes 78:8.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Vaét'hanan

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • À quel moment précis l'expression « à cette époque »(3:23) fait-elle référence ?

  • De quelle façon respectueuse le Ramban fait-il référence à Rachi ?

  • Hachem possède-t-Il plusieurs noms et leur ordre d'apparition dans la Tora est-il important ?