12:2 "Lorsqu'une femme, ayant conçu, enfantera (un mâle)".

Selon Rachi : « Cela inclut le cas où elle met au monde [une matière qui a l'apparence] d'une masse molle qui s'est liquéfiée – c'est-à-dire : [que son corps] s'est liquéfié – et [ressemble en fin de compte à] de la semence. Sa mère est [tout de même] impure comme après cette naissance ».

(1) L'explication de ce sujet [est la suivante] :

L'enfant né possédait auparavant la forme humaine et par la suite, il se liquéfia. De fait, toute entité qui ne possède pas la forme humaine n'est pas considérée comme un enfant. En outre, toute entité qui n'est pas capable de devenir une créature dotée d'une âme n'est pas considérée comme un enfant.

Cependant, même si à la naissance, il [ressemble] à une masse molle qui s'est liquéfiée, il rend sa mère impure, si nous [pouvons tout de même] reconnaître sa forme. Cela est notamment le cas si nous [pouvons discerner] les formes [de différentes parties] d'un être humain. Dans ce cas, il est certain que sa mère est impure.

Si cela n'est pas le cas (2), [la mère est tout de même impure] à cause du doute. Cela est le sens de ce verset, selon les paroles de nos Sages (3).

En rapport avec l'explication [de ce verset, nos Sages] ont dit (4) : « [L'expression] : "Lorsqu'une femme, ayant conçu" [signifie que] : "Lorsqu'une femme émet une graine la première, elle mettra au monde un garçon" (5). »

L'intention [de nos Sages] n'était pas [de dire] que l'enfant est formé depuis la graine de la femme. De fait, même si celle-ci possède un organe reproductif (6) – de la même façon que l'homme en possède un – celui-ci ne produit absolument aucune graine et dans tous les cas, [même s'il en forme une (7)] , la graine n'est pas dense et ne contribue pas [à la formation] de l'embryon.

En utilisant l'expression : « l'orsqu'une femme émet une graine », [nos Sages] faisaient plutôt référence au sang [qui se trouve] dans l'utérus et qui se rassemble chez la mère (8) au moment où l'acte de cohabitation prend fin (9) et pendant lequel [l'ovule] fusionne avec la graine de l'homme (10).

Le fait est que selon l'opinion [de nos Sages], l'enfant est formé depuis le sang de la femme et de la [semence] blanche de l'homme ; ces deux [matières] sont appelées : « graine ». Cela correspond à ce qu'ont dit [nos Sages] (4) :

« Il existe trois partenaires [durant la formation] de l'homme : l'homme – qui émet la [semence] blanche et de laquelle sont formés les vaisseaux sanguins (11), les os et la substance blanche des yeux (12) – la femme – qui émet [une substance] rouge (13) et de laquelle sont formé la peau, le sang les cheveux et la substance noire des yeux... »(14).

Suite...

(1) Le Ramban tente de répondre à la question suivante : « Pour quelle raison est-il dit dans notre verset "ayant conçu" lorsque "une femme enfantera un mâle..." aurait semblé suffisant ? » L'intention du Ramban est d'éclaircir le commentaire de Rachi et de préciser que selon Rachi, il s'agit d'un cas où une femme a bel et bien mis au monde un enfant dont le corps était déjà formé, mais qui s'est liquéfié avant de naître.

(2) C'est-à-dire : il est difficile de reconnaître des formes de parties d'un être humain à la naissance.

(3) Littéralement : « Nos rabbins ». Nidda 27b.

(4) Ibid. 31a.

(5) « Et lorsque l'homme est le premier à émettre une graine, elle mettra alors au monde une fille. »

(6) L'ovaire.

(7) Les gamètes femelles.

(8) Durant l'ovulation.

(9) Cet instant marque le début de la fécondation.

(10) C'est-à-dire : le spermatozoïde.

(11) Ainsi que le système nerveux.

(12) La sclérotique.

(13) Le sang.

(14) Et « le troisième partenaire est D-ieu qui procure l'âme... »

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Tazria

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Selon nos Sages, quels sont les trois partenaires dans la formation d'un être humain et quel est le rôle de chacun ?

  • Selon le Ramban, quelle est la signification du mot "de'vota" ?