6:2 "Ordonne à Aaron..."

Dans la Paracha Vayiqra, la Tora (1) dit (2) : « Parle aux enfants d'Israël » car Il (3) ordonna alors [les lois] qui concernent les sacrifices et c'est [le peuple] d'Israël qui devaient les présenter. Cependant, ici, Il dit [« Ordonne à Aaron (et à ses fils) »] car Il fait référence à l'acte [d'offrir] des sacrifices et ce sont les prêtres (4) qui en avaient la charge.

Selon Rachi : « Le mot "Tsav" ("ordonne") signifie toujours l'exhortation, pour le moment présent ainsi que pour les générations futures. Rabbi Chim'on a dit : "La Tora (1) a besoin d'exhorter [particulièrement] dans les cas où il existe perte d’argent." (Torath Kohanim, 1:1) ».

Cependant, [ce qu'a dit Rabbi Chim'on] ne concernait pas à ce commandement. De fait, dans notre cas, il n'existe pas de perte d'argent pour les fils d'Aaron auxquels ce commandement est destiné. En fait, [l'opposé est exact car] ils reçoivent un profit et une récompense de l'ensemble des sacrifices, même celui de l'holocauste (5).

Cependant, lorsque le Sage (6) a dit que « le mot "Tsav" ("ordonne") fait toujours référence à l'exhortation, pour le moment ainsi que pour les générations futures », son intention était de dire que dans les passages où la Tora (1) désire exprimer la notion d'exhortation et mettre en avant celle [où les commandements enseignés] doivent être appliqués immédiatement et qu'ils concernent également les générations futures, elle utilise le mot "Tsav" ("ordonne").

D'autre part, dans les autres passages [la Tora] utilise l'expression « Parle aux enfants d'Israël » ou « Dis-leur ». [C'est à propos de cela] que Rabbi Chim'on diffère et dit qu'à l'occasion, cette expression (7) concerne des sujets qui ne doivent pas forcément être mis en application immédiatement et qui ne concernent pas non plus les générations futures. [Selon Rabbi Chim'on, cette expression] peut-être utilisée [lorsqu'un commandement] signifie une perte d'argent.

Ainsi, l'expression "Tsav" ("ordonne") est utilisée en relation avec l'huile [qui était utilisée pour éclairer le candélabre dans le Temple de Jérusalem] (8) et également dans la situation à propos de laquelle la Tora (1) dit (9) : « Ordonne aux enfants d'Israël qu'ils doivent donner aux Lévites, sur leur part de possession, des villes pour qu'ils y habitent ».

(10) Il est possible de dire que ce commandement (11) représente [en fin de compte] une perte d'argent pour les prêtres à cause [de ce qui est écrit plus loin, à savoir] : « Voici l'offrande d'Aaron et de ses fils... » (12) et qui est la continuation de ce commandement-ci (11).

Cependant, au début du Sifré (13), il existe bel et bien une différence d'opinion [entre le premier Sage et Rabbi Chim'on].

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(1) Littéralement : « Les Écritures ».

(2) Lévitique 1:2.

(3) C'est-à-dire : D-ieu.

(4) Aaron, le frère de Moïse, était le Grand prêtre (Kohen Gadol) et ses enfants des prêtres (Kohanim).

(5) Lorsque les prêtres offraient les sacrifices au Temple de Jérusalem, la Tora leur réservait une partie de la viande qu'ils pouvaient consommer. Dans la mesure où – contrairement aux autres sacrifices – les prêtres n'avaient pas le droit de consommer la chair du sacrifice de l'holocauste, ils devaient subir une forme de « perte d'argent ». Cependant, le Ramban ne partage pas cette opinion car s'il est exact que les prêtres ne pouvaient pas consommer une partie de la chair de l'holocauste, ils bénéficiaient tout de même de la peau de l'animal.

(6) Cité dans le Torath Kohanim mentionné précédemment et avec lequel Rabbi Chim'on ne partage pas l'opinion.

(7) "Tsav" ("ordonne").

(8) Lévitique 24:2. Les enfants d'Israël devaient ainsi fournir l'huile.

(9) Nombres 35:2. Dans ce cas les enfants d'Israël devaient donner une partie de l'héritage qu'ils avaient reçu aux Lévites.

(10) Le Ramban essaie de montrer qu'il est tout de même possible de dire que dans son commentaire cité précédemment, Rachi avait raison.

(11) Celui du sacrifice de l'holocauste qui est ordonné à Aaron et à ses fils dans notre verset. Si cela est le cas, Rabbi Chim'on ne s'opposerait pas à l'opinion du Sage qui a été citée dans le Torath Kohanim, 1:1. Son commentaire servirait plutôt à ajouter que si le mot "Tsav" ("ordonne") a été utilisé, ce n'est pas seulement parce qu'il signifie toujours l'exhortation, pour le moment présent ainsi que pour les générations futures. De fait, dans ce cas, il aurait été utilisé également car ce commandement de l'offrande représente une perte d'argent pour Aaron et ses fils.

(12) Ce verset ordonne aux Lévites de présenter l'offrande de l'oblation dont ils étaient responsables du coût.

(13) Torath Kohanim, 1:1 qui a été cité précédemment.

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(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Tsav

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • De quelle façon peut-on expliquer l'utilisation du mot "Tsav" ("ordonne") dans la Tora ?

  • Était-il permis de faire brûler les graisses et les membres des sacrifices sur l'autel pendant toute la nuit ?