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Nos Rabbins (16) ont dérivé de la [triple] présence du mot « offrande » dans notre contexte (17) qu'il existait trois offrandes [distinctes] (18).

De fait, cela semble exact, selon ce qui est écrit dans la Tora (19) : « (Alors le roi appela Joïada, le chef [des prêtres] et lui dit : "Pourquoi n'exiges-tu pas des Lévites qu’ils fassent rentrer de Juda et de Jérusalem l'impôt établi par Moïse, serviteur de l'Éternel, sur l'assemblée d'Israël, en faveur de la tente du Statut ? » (20). Il semble de cela que la taxe de Moïse fut ordonnée pour chaque génération et qu'elle devait être présentée [dans le but] d'entretenir le Temple, même en l'absence d'un dénombrement.

De la même façon, les offrandes [du demi-shekel qui servaient à l'achat] des sacrifices [furent ordonnées pour chaque génération], tel que l'on dit nos Sages (16) et tel qu'il est écrit (20) :

« De plus, nous nous soumîmes à l'obligation de nous imposer, chaque année, un tiers de shekel pour le service du temple de notre D-ieu, pour le pain de proposition, l'oblation perpétuelle et l'holocauste perpétuel [les sacrifices] des Chabbath, des néoménies et autres solennités, les offrandes sacrées, les expiatoires destinés à faire propitiation en faveur d'Israël et tous les travaux de la maison de notre D-ieu ».

Dans [ces versets], il est clairement dit que [les enfants d'Israël devaient] amener chaque année des shekels pour [financer l'achat] des sacrifices et l'entretien du Temple.

(21) Il est dit [dans ces versets que les enfants d'Israël devaient amener] « un tiers de shekel » car à l'époque [du prophète] Ezra, une surévaluation [du shekel] eut lieu. [Suite à cette surévaluation], le tiers de shekel était estimé à dix ghéra (22).

Dans le traité Shekalim (23) nous apprenons que : « Lorsque [les enfants] d'Israël sortirent de l'exil, ils payaient le [demi]-shekel en daric (24). Ensuite, ils payèrent en selaïm (25) ; plus tard, ils payèrent en tibin (26), avant de demander [l'autorisation] de payer en dinars (27) ».

L'explication [de cette Michna est la suivante] :

Lorsque [les enfants d'Israël] durent entretenir le Temple [suite à leur sortie de l'exil babylonien et leur retour en Terre sainte], ils durent dépenser des montants importants. Ils payèrent alors [le demi-shekel] en daric qui avaient une valeur plus grande que les selaïm. Chaque peronne donnait alors un daric. Ensuite, il payèrent en selaïm entiers et plus tard, ils payèrent en tibin. Dans [le traité] de Jérusalem (23), il est expliqué que le tiba avait la valeur d'un demi-sela.

Ils demandèrent ensuite [l'autorisation] de payer en dinars, mais celle-ci leur fut refusée car même si le public peut augmenter [l'impôt qui était donné au Temple] et donner plus qu'un demi-sela, cela est possible seulement si toute la communauté paie la même somme, tel que cela a été enseigné dans le traité Shekalim (23).

Cependant, aucune personne est autorisée à diminuer [le montant qu'elle doit verser] et donner moins qu'un demi-sela, peu importe s'il s'agit d'un seul individu ou d'un nombre important de personnes car la « rançon pour une personne » n'est pas inférieure à [un demi-sela], tel qu'il est écrit (28) : « Ce tribut (…) sera d'un demi-shekel » (29).

Dans le [traité] de Jérusalem (23), il est dit en référence [au fait que les enfants d'Israël] donnaient un tiers de shekel (20) : « Nous apprenons de cela qu'un individu a l'obligation [de payer un demi-] shekel trois fois chaque année. [Nous apprenons également] de cela qu'on oblige pas la communauté [à payer] plus que trois fois chaque année ».

Suite...

(16) Meguilla 29b.

(17) Versets 13, 14 et 15.

(18) L'offrande pour la fabrication des socles du Sanctuaire, une pour l'achat des sacrifices publics et une pour la construction du Tabernacle.

(19) Littéralement : « Les Écritures ».

(19) Chroniques II 24:6.

(20) Néhémie 10:33-34.

(21) Dans le verset qui vient d'être cité, il est mentionné qu'à l'époque du prophète Néhémie, c'est seulement un « tiers de shekel » qui était donné comme offrance et non pas un « demi-shekel ». Le Ramban en explique maintenant la raison.

(22) Un shekel équivaut à vingt ghéra ; voir le verset 13 qui suit.

(23) Talmud Jérusalem 2:3.

(24) Cela était la monnaie utilisée à Babylone.

(25) Lorsque le daric fut supprimé.

(26) Cela correspondait à la nouvelle monnaie qui avait été mise en circulation.

(27) Le dinar valait alors un quart d'un sela. Cependant, cette demande ne fut pas acceptée.

(28) Verset 13 suivant.

(29) La valeur d'un demi-sela correspondait à celle d'un demi-shekel.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Ki Tissa

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Pour le dénombrement décrit dans notre Paracha, le décompte devait-il se faire en comptant les personnes ou le demi-shekel que chacune devait amener ?

  • La taxe que les enfants d'Israël devaient payer pour l'entretien du Temple fut elle toujours payée avec un demi-shekel ? Si non, quelles autres monnaies furent utilisées ?