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S'il a été dit « Tu leur exposeras" ("tassim lifnéhem") », cela signifie qu'ils doivent être les juges . La raison est que cette expression [« lifné »] est utilisée en relation avec les juges [tel qu'il est écrit] (18) : « Les deux personnes intéressées dans le débat comparaîtront devant l'Éternel, devant [« lifné »] les pontifes et les juges en fonctions à cette époque » et (19) : « … Avant d'avoir comparu devant [« lifné »] l'assemblée pour être jugé » et (20) : « … Devant [« lifné »] ceux qui connaissent la loi et le droit. »

[Nos Sages] ont expliqué (21) que « l'expression "Tu leur exposeras" ("tassim lifnéhem") signifie : [précisément à eux], mais pas aux novices ». La raison est qu'en référence aux statuts il est écrit (22) : « Son maître l'amènera par-devant le tribunal (Ha-elohim) et la plainte des deux parties sera présentée devant le tribunal (Ha-elohim)» (23).

Il est également écrit (24) : « Il la paiera selon [ce que diront] les experts (biplilim) »; cette expression fait référence aux « juges » qui sont des experts et qui reçurent leur nomination [d'une génération à l'autre] depuis Moïse notre maître.

Par conséquent, il est dit ici [dans notre verset] que ces statuts doivent leur être exposés, c'est-à-dire : devant les juges dont il sera fait mention plus loin. [Cependant, ces statuts] ne doivent pas être exposés devant les personnes non-juives, ni devant une personne qui n'est pas un juge, selon la Tora, c'est-à-dire qui est novice en ce domaine.

Il est interdit de se présenter devant une telle personne (25), de la même façon qu'il est interdit de se présenter devant une personne qui n'est pas juive. [Cela est le cas] même si l'on sait que cette personne qui est novice connaît la loi exacte et jugera d'une façon adéquate. Malgré cela, il est interdit de l'établir en tant que juge et de porter sa plainte devant elle dans le but qu'elle force l'autre partie à se présenter devant elle.

[D'autre part], il est interdit pour la personne elle-même qui est novice de juger un tel cas.

[Cependant], même si nos Sages (26) ont mentionné ensemble ces deux types de personnes, il existe une différence entre elles. De fait, si les deux parties impliquées dans une affaire désirent se présenter devant une personne qui est novice et qui fait partie [des enfants] d'Israël, cela leur est permis et elles doivent alors accepter sur elles de respecter sa décision.

D'autre part, il leur est absolument interdit de se présenter devant une personne qui n'est pas juive dans le but que celle-ci les juge. [Cela est le cas] même les lois [non-juives] sont identiques aux nôtres en ce domaine.

22:2 "Si tu achètes un esclave hébreu."

Hachem commence [la description] du premier statut avec celui qui concerne l'esclave hébreu car la libération de l'esclave – durant la septième année – inclut une allusion (27) à la sortie d'Égypte qui est mentionnée dans le premier commandement (28), tel qu'Il l'a dit (29) : « Souviens-toi que tu fus esclave au pays d'Égypte et que l'Éternel, ton D-ieu, t' affranchi ; c'est pourquoi Je te prescris aujourd'hui ce commandement ».

Il contient également une allusion (27) à l'acte de la Création, ainsi qu'au Chabath, car la septième année représente pour un esclave un repos de son travail pour son maître, comme cela est le cas pour le septième jour [de la semaine]. Il existe également un autre [concept lié au chiffre] sept en relation avec les années : le Jubilé (30). De fait, le [concept lié au chiffre] sept fut choisi parmi les jours (31), les années (32) et le cycle sabbatique (33).

Tous [ces aspects concernent] le même sujet : celui du secret des jours de ce monde, depuis « Au commencement » (34) jusqu'à : « Ainsi furent terminés... » (35).

Suite...

(18) Deutéronome 19:17.

(19) Nombres 35:12.

(20) Esther 1:13.

(21) Tan'houma, Michpatim 6.

(22) Verset 6 qui suit.

(23) Plus loin, 22:8.

(24) Verset 22 qui suit.

(25) C'est-à-dire : une personne qui est novice.

(26) Littéralement : « Les érudits ».

(27) Littéralement : « Un souvenir ».

(28) Parmi les Dix commandements.

(29) Deutéronome 15:15.

(30) « Tu compteras chez toi sept années sabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années sabbatiques te fera quanrante-neuf ans » (Lévitique 25:8).

(31) Pour être le Chabath.

(32) Pour être l'année sabbatique.

(33) Pour être le Jubilé.

(34) C'est-à-dire : le commencement de la Création, Genèse 1:1.

(35) C'est-à-dire : la fin de la Création, Ibid. 2:1.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Michpatim

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Quel est le lien entre notre Paracha et les Dix commandements ?

  • Les statuts devaient-ils être présentés à tous les peuples ?