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J'ai trouvé la même idée dans le Midrach (15) :

« Rabbi Nathan dit : Pour quelle raison est-il dit : "Vous ne ferez point de feu dans aucune de vos demeures en ce jour de Chabath"? Car il est dit (16) : "Moïse convoqua toute la communauté des enfants d'Israël". J'aurais pu penser qu'il fut autorisé d'allumer une lumière (17), d'envelopper des aliments (18) et de faire un feu pendant le Chabath (19). Par conséquent, il est écrit : "Vous ne ferez point de feu dans aucune de vos demeures en ce jour de Chabath". »

Cela peut être comparé à ce que nous avons dit, à savoir : que ces travaux (20) [possèdent le point commun] de procurer du plaisir au corps et qu'ils n'étaient pas inclus dans l'interdiction mentionnée en premier (21).

Ainsi, Rabbi Nathan souhaitait dire que le verset n'avait pas à interdire la cuisson [le jour du Chabath] – ni les autres besoins liés à la cuisson des aliments – car ceux-ci avaient déjà été interdits par le verset (22) : « Ce que vous avez à cuire, cuisez-le, à faire bouillir, faites-le bouillir aujourd'hui [veille du Chabath] ».

Cependant, j'aurais pu encore penser que tous les travaux qui apportent du plaisir à une personne – et que ce plaisir se limite à son aspect physique tel que : allumer une lumière ou un feu, se laver dans de l'eau chaude – auraient été autorisés. La raison est que [ces travaux] procurent du plaisir [lorsqu'ils sont faits] pendant le Chabath. Par conséquent, il est dit : « Vous ne ferez point de feu... » afin d'interdire toutes [ces actions].

Dans le Talmud (23), nos Sages (24) [ont cité] un autre Midrach :

« Dans la mesure où il n'est pas dit : "Quiconque travaillera 'peu importe le travail dont il est question' (kol melakha) en ce jour (25), sera mis à mort" ou "Quiconque allumera un feu dans vos demeures, sera mis à mort", ils (26) ont dit [que l'action d'allumer un feu] fut choisie afin de [la rendre punissable d'une façon moins stricte (27)] car elle représente seulement un commandement négatif (28)».

Cependant, selon un autre [Sage], [l'action d'allumer un feu] fut choisie afin de la distinguer [des autres activités interdites à faire le Chabath] car elle était incluse dans l'interdiction de : « Tu ne feras aucun travail [pendant le Chabath] » (29).

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(15) Midrach Mechilta sur ce verset.

(16) Verset 1.

(17) Pendant le Chabath, afin d'y voir plus clair dans la maison.

(18) Lorsque ceux-ci sont dans des récipients, afin d'en conserver la chaleur.

(19) Afin de cuire des aliments ce jour-là.

(20) Auxquels fait référence le Midrach.

(21) Dans le verset 2.

(22) Éxode 16:23.

(23) Chabath 70a.

(24) Littéralement : « Nos rabbins ».

(25) C'est-à-dire : le jour du Chabath.

(26) Les Sages du Talmud.

(27) En la rendant punissable de coups de fouet.

(28) Tandis que la transgression d'un commandement positif durant le Chabath rend la personne passible de la peine de mort.

(29) Éxode 20:9. En d'autres termes : lorsque notre verset note l'interdiction de faire du feu pendant le Chabath, cela ne sert pas à nous apprendre que cette action est interdite car nous le savions déjà par le fait qu'elle avait été incluse dans l'interdiction – proclamée lors des Dix Commandements – de « Tu ne fera aucun travail [pendant le Chabath] ». Par conséquent, le fait qu'elle soit signalée dans notre verset sert à nous apprendre qu'une personne devient punissable dès l'instant où elle transgresse une seule des trente-neuf activités interdites à faire pendant le Chabath.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Vayaqel

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Pendant la construction du Tabernacle, les travaux devaient-ils s'arrêter pendant le Chabath ou était-il possible de les continuer ?

  • Pour quelle raison est-il écrit dans notre Paracha qu'il est interdit de faire du feu pendant le Chabath ?